La scène est sobre- presque froide. Notre regard se laisse fixer sur un horizon blanc- presque éblouissant. Alors le conteur glisse dans l’espace silencieux et commence à raconter. Les minutes passent, les mots tombent et se détachent. Les minutes passent, les mots tombent, se détachent et finalement s’attachent : le conteur raconte l’histoire lente de Comock dans les plaines mortes du grand nord. Le conteur raconte l’histoire lente de Comock vers les plaines fertiles. Les minutes passent et les mots du conteur tombent et se détachent : il est difficile, presque insupportable d’entendre la description égrainée de la Survie silencieuse et méthodique. Les mots du conteur tombent et se détachent : on aimerait que la traversée se fasse, que la vie fasse surface, que la scène se remplissent et que la musique parte. Mais rien ne se passe : les mots du conteur tombent, se détachent et finalement s’attachent : car j’ai ralentis et écoute maintenant la fable impressionnante d’une rencontre entre natures.
Cette pièce est comme un moment fort de méditation.
Camille Meier